La « méthode » Scrum, qu'est-ce que c'est ?La méthode Scrum, ou plus exactement le cadre de travail (framework) Scrum est de loin la méthode agile la plus utilisée dans le monde. Expérimentée en 1993, elle bénéficie aujourd’hui de nombreux retours d’expérience. Les conférences, communautés, formations, blogs, outils et ouvrages à son sujet ne manquent pas
Parler d’une « méthode » concernant Scrum n’est pas ce qu’il y a de plus approprié. Scrum ne se considère pas comme une méthode mais comme un cadre de travail (framework). Une méthode dit généralement « comment » faire les choses. Scrum ne dit pas comment réussir son logiciel, comment surmonter les obstacles, comment développer, comment spécifier, etc. Il se contente d’offrir un cadre de gestion de projet agile : des rôles, un rythme itératif, des réunions précises et limitées dans le temps, des artefacts (product backlog, sprint backlog, graphique d’avancement) et des règles du jeu.
Scrum repose sur un processus itératif et incrémental, où le produit est construit par petites étapes appelées sprints. Chaque sprint dure généralement de 2 à 4 semaines et produit une version fonctionnelle et potentiellement livrable du produit.
Scrum implique trois rôles principaux : le Product Owner, qui représente la voix du client et définit les priorités du produit ; le Scrum Master, qui facilite le processus Scrum et s’assure que l’équipe respecte les principes et les pratiques de la méthode ; et l’équipe de développement, qui réalise le travail technique nécessaire pour créer le produit.
Scrum se base également sur quatre événements clés : la planification du sprint, qui permet à l’équipe de définir ce qu’elle va réaliser pendant le sprint ; le stand-up quotidien, qui est une réunion courte où l’équipe fait le point sur son avancement et ses difficultés ; la revue du sprint, qui est une démonstration du produit réalisé pendant le sprint au Product Owner et aux parties prenantes ; et la rétrospective du sprint, qui est un moment d’amélioration continue où l’équipe identifie ses forces et ses axes d’amélioration.
Scrum utilise aussi des artefacts pour faciliter la communication et la transparence, tels que le backlog du produit, qui est une liste ordonnée des fonctionnalités souhaitées pour le produit ; le backlog du sprint, qui est une sélection des éléments du backlog du produit à réaliser pendant le sprint ; et l’incrément, qui est l’ensemble des fonctionnalités livrables à la fin du sprint. La méthode Scrum est une méthode flexible, adaptative et centrée sur la valeur, qui permet aux équipes de livrer des produits de qualité en tenant compte des changements et des retours du client.
Scrum est loin de faire l'unanimité
Santiago Valdarrama, enseignant en intelligence artificielle ayant 25 ans d'expérience dans le développement logiciel, a critiqué la méthode Scrum, qu’il considère comme un cancer pour les équipes de développement. Il raconte plusieurs anecdotes qui illustrent les problèmes qu’il a rencontrés avec Scrum, tels que :
- L’utilisation du poker comme outil de planification, alors que c’est un jeu.
- L’ajout de processus inutiles qui prennent plus de temps que le développement lui-même, comme les « cérémonies » (réunions quotidiennes, affinages, planifications, rétrospectives, etc.).
- L’interdiction des ordinateurs portables et l’obligation de rester debout pendant les réunions.
- La difficulté d’estimer la complexité des tâches avec des points de story, qui ne correspondent pas au temps réel ni à la valeur pour le client.
- L’utilisation de tailles de t-shirt pour mesurer le logiciel.
- La rédaction de contrats basés sur le nombre de points de story livrés, sans tenir compte des spécificités de chaque projet.
- La pression exercée par le management, le scrum master, le product owner et le tech lead, qui ont des attentes contradictoires ou irréalistes.
- Le recours à des indicateurs trompeurs comme la « vitesse de combustion » des points de story, qui ne reflètent pas la qualité du logiciel.
Le développeur affirme qu’il croit en l’agilité, mais que Scrum n’est pas agile. Il dit avoir essayé plusieurs variantes de Scrum avec des formateurs et des certifiés, mais que le résultat a toujours été le même : ça n’a pas marché. Il conclut que Scrum est un cancer qui va détruire votre équipe de développement :
Scrum n'est pas fait pour les développeurs. C'est un outil de plus pour que les managers aient l'impression de contrôler la situation.
Mais les meilleurs de Scrum sont ceux qui vous regardent dans les yeux et vous disent : « Si cela ne fonctionne pas pour vous, c'est que vous vous y prenez mal. Scrum, c'est tout ce qui fonctionne pour votre équipe ».
Mais les meilleurs de Scrum sont ceux qui vous regardent dans les yeux et vous disent : « Si cela ne fonctionne pas pour vous, c'est que vous vous y prenez mal. Scrum, c'est tout ce qui fonctionne pour votre équipe ».
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